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BOIS ENERGIE

Où en sommes-nous, en matière d’énergies non fossiles ? Quels potentiels sur le territoire ?

BOIS ENERGIE

Messagepar pelletier francis » Mar 15 Jan 2019 09:48

Un article de la Nouvelle République du dimanche 13 janvier 2019 recueille la parole d’Eric Moreau en charge opérationnelle du PCAET. Il y parle de production d’énergies renouvelables.
Eric Moreau parle de « développer la filière bois » tant « pour le chauffage des particuliers que des collectivités » précisant « on a une ressource en bois suffisante ». Eric Moreau mettant en garde contre un risque de pillage de notre ressource « notamment [par] la métropole tourangelle ».
Notre ressource territoriale bois est en effet suffisante pour les seuls besoins des usagers particuliers ou collectivités de notre territoire, même si un nombre significatif d’usagers passent de chaudières fioul ou gaz à des chaudières ou poêles bois. Comme Eric Moreau, je pense que « le bois qui pousse ici, on le transforme ici et on le brûle ici ».
Mais le 20 septembre 2018, le conseil CCLST a approuvé en séance plénière un contrat de réciprocité entre la CCLST et la Métropole de Tours. Nous y lisons que la chaufferie bois dite « Tours Ouest » qui viendra se rajouter aux autres nécessitera un besoin de 300 000 tonnes de matière bois par an, demandant par ce contrat de réciprocité aux 10 communautés de Communes du département d’y contribuer (sauf Val d’Amboise qui a refusé).
Ce 20 septembre 2018 le conseiller communautaire Francis Lere s’est inquiété en séance plénière de tels volumes et Olivier Flaman, président du conseil de développement CCLST et homme de l’art a répondu ainsi :
« Si on met tout le bois et toute la production de la forêt d’Indre et Loire en énergie ça fait 700 000 tonnes par an. Ça donne une idée quand même. La fonction première de la forêt ce n’est pas de produire de l’énergie. C’est de produire du bois d’oeuvre et le bois énergie doit venir en dernier échelon de manière à valoriser les rémanants. Il faut savoir raison garder.»
Très récemment, l’association SEPANT s’est inquiétée du gigantisme des chaufferies bois de la Métropole Tourangelle :
« Elles consomment une quantité importante de bois, et la ressource n'est pas suffisante en Touraine, d'où un mauvais bilan carbone », puisqu’il faudra bien transporter le bois du lieu d’extraction au lieu de consommation.
La SEPANT estime que « cette centrale fonctionnera pour l'essentiel avec du bois venant d'autres régions, et du bois importé. Le bilan carbone en sera tel que l'on ne pourra pas parler de développement durable à propos de ce projet. Le plan d'approvisionnement devrait être examiné, avant tout lancement d'opérations de ce type. »
A maintenir ce contrat de réciprocité, soit le bois sera local et il décimera nos forêts, soit il sera importé et le bilan carbone sera mauvais. Dans les 2 cas, la combustion du bois relarguera le CO2 qu’il séquestrait alors qu’un plan climat doit impérativement contenir une stratégie de séquestration dudit carbone.
Francis Lere s’est aussi inquiété le 20 septembre 2018 des conséquences de tels volumes sur le prix du bois. Une telle politique de massification de l’usage du bois conduirait à un renchérissement du prix de vente proposé aux particuliers.
La tentation du recours massif à « l’énergie bois » n’est pas que départemental mais mondial.
De plus en plus d’ingénieurs forestiers s’interrogent sur la soutenabilité des forêts à produire autant de bois de chauffage qui vient se rajouter aux autres besoins (bois d’œuvre, emballages, papier, etc). A moins, de leur point de vue, de changer les essences d’arbres actuelles par d’autres à croissance plus rapide, à l’exploitation industrialisée d’une seule essence sur les parcelles et de procéder à des coupes rases plus fréquentes. Une telle perspective conduirait à un appauvrissement de la biodiversité. Est-ce ce futur que nous voulons pour nos forêts locales, qui participent à notre attractivité paysagère ?
Ce phénomène de recours au bois énergie a amené plus de 700 scientifiques des plus grandes universités (Yale, Oxford, CNRS, Berkeley, Louvain, Standford, Princeton, Oslo, Cambridge, Adélaïde, Londres, Porto, Lisbonne, Harvard, etc) à demander à la commission européenne d’amender sa directive en restreignant les forêts éligibles à une telle exploitation intensive. Lien vers cette lettre https://www.euractiv.com/wp-content/upl ... 2-2018.pdf
Je suis en accord avec la position de principe d’Eric Moreau, mais ce qui est déjà à l’œuvre dans notre département avec l’accord de réciprocité signé par 9 communautés de Communes et la Métropole indique que ce n’est pas ce qui se passera, au préjudice de nos forêts, sanctuaires de biodiversité et pièges à carbone.
Certains de nos concitoyens ne veulent d’aucune d’éolienne, ils vont perdre leurs forêts. La seule alternative raisonnable d’une transition énergétique réussie est de recourir au plus vaste éventail des sources d’énergie renouvelables existantes, un peu de toutes, pour minimiser l’impact de chacune d’elles.
pelletier francis
 
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